Les causes du comportement criminel

Par Ernest-Max FONTAINE

 

 

POURQUOI UNE RECHERCHE EST-ELLE INDISPENSABLE ?

Je pense que j’ai bien écrit une douzaine de fois sur les causes de la délinquance et de la criminalité mais je dois reconnaître que ces écrits sont dispersés parmi les textes réunis sur ce site. Plusieurs lecteurs m’ont fait remarquer que s’il m’était facile d’avoir une idée d’ensemble, il n’en était pas de même pour eux…Je vais donc profiter d’un été qui parait vouloir être pluvieux, pour vous en faire une synthèse qui vient au bon moment, je devrais dire au plus horrible moment pour ceux qui ont suivi l’actualité ! Des meurtres dont la description est insoutenable ont été commis ces derniers mois, sur des enfants, des femmes et même des hommes avec une violence, une volonté de faire souffrir qui sont inexplicables ! Sans autre mobile que la volonté de faire du mal, gratuitement !

Et le plus cruel est qu’on ne trouvera pas deux experts d’accord pour nous les faire comprendre et proposer des remèdes : nous ne savons même plus s’il faut juger les auteurs de tels faits ou les isoler pour quelques années ou pour toujours.

Le désordre des idées est si grand que lorsque le Président de la République a proposé une recherche pour vérifier si l’origine de ce besoin de faire souffrir, de torturer, de violer n’était pas génétique, c'est-à-dire inscrit dans la personnalité de certains individus dès avant leur naissance, ce fut un tollé qui couvrit toutes les voix! Comme si une recherche menée sérieusement, scientifiquement pouvait  jamais être dangereuse ! Si Monsieur le Président ou d’ailleurs toute autre personne avait proposé une recherche sur le rôle du sevrage précoce –ou tardif-, ou sur les phases de la lune lors de la conception, personne ne se serait indigné…On découvre tant de choses extraordinaires ! Il y a actuellement à la Sorbonne une chaire d’astrologie tenue par Madame le Professeur Elisabeth Tessier et on dit que récemment, je parle des décennies 80-90 des chefs d’état consultaient encore des astrologues. Je ne les nomme pas car ce n’est qu’une rumeur ! Tout sauf la génétique ! Ayant suggéré qu’elle était peut être la cause de certaines criminalités notamment de Patrick Henri, je me vis répondre par quelqu’un qui passe pour une des consciences de la France : « Non, ce serait trop triste ! ». 

Récemment encore, écoutant les questions d’auditeurs de France Inter, à propos de la Journée de l’Institut Pasteur, j’entendis approximativement –il s’agissait d’un propos saisi au vol- :

Auditeur : « Croyez vous, comme certains l’affirment que les traits de caractère proviennent des gènes, ce qui ferait la joie des racistes de tout poil… ».

Institut Pasteur : « Il ne faut pas sacraliser les gènes… ».

Auditeur : « Bien entendu, mais le milieu existe ! Ne devrait-on pas parler plutôt de prédisposition ? ».

Institut Pasteur : « On pourrait le faire, mais la maladie génétique existe… ».

Cela m’a fait souvenir d’une conférence que j’avais été invité à faire devant une société de pensée : je n’avais pas achevé de dire « je penche pour une origine génétique de la délinquance puisque les comportements fondamentaux des humains le sont aussi… »,  qu’une des personnes présentes se levait et m’interpellait :

-« Si vous découvrez que quelqu’un est porteur de ces caractères génétiques, vous n’avez plus qu’à le condamner à mort, avant qu’il ait tué, alors que peut-être il n’aurait  jamais tué !

Je ne pus que lui répondre : « Mais, Monsieur, c’est votre réaction, pas la mienne ! Moi ce que je m’efforcerai de faire c’est de trouver un remède comme on l’a déjà fait pour plusieurs maladies génétiques, avec succès …Les dispositions génétiques n’ont jamais rien de honteux, qu’il s’agisse de la couleur des yeux, de la taille ou d’une quelconque malformation, visible ou non ! C’est d’ailleurs bien la seule chose dont les porteurs ne sont pas responsables ! Mais s’il a été « facile » après coup pour nous de comprendre le raisonnement de Frère Grégor Mendel, (on l’avait quand même attendu), quand il s’agissait des rides des petits pois et qu’il semble qu’il ait un peu sollicité les résultats de ses statistiques, il est évident que le problème était plus compliqué lorsqu’il s’agissait de porteurs sains ou non et que les probabilités n’étaient plus de moitié-moitié ou de trois quarts-un quart chez les hybrides de première génération !

 

 

 

 

La première question est en réalité : pourquoi cette recherche est-elle nécessaire aujourd’hui ? Je crois que c’est par ce que depuis plus d’un demi siècle, en fait depuis la dernière guerre mondiale, nous avons vécu dans une atmosphère de changements, de mutations, de progrès matériel mais je n’hésite pas à l’écrire, de régression morale. Ce n’est pas par ce que en cinquante ans toute notre politique pénale, notre code ont été mis au rebut: suppression  du bagne, de la relégation, des peine minimum, création d’un sursis « probatoire » –disposition qui entraîne le maximum de récidive (dix fois plus qu’une peine de dix huit mois d’emprisonnement avec sursis),  d’une législation pour les « enfants » de 14 à 17 ans révolus, permissions de sortie, libertés conditionnelles accordées à tout va,  sans aucune étude préalable, sans aucune précaution, sans aucune période de probation que les choses vont mieux ! Sans même se préoccuper de savoir quels étaient les résultats de cette « application des peines » qui ressemblait plutôt à une négation des peines !  Quand la « probation » se limite à passer une fois par semaine à la Gendarmerie, on se tiendrait les côtes si ce n’était pas si triste : entre deux pointages, Pesquet avait tué six personnes,  Patrick Henri était allé jusqu’au Maroc acheter de la résine de cannabis et Pierrot le fou avait violé et assassiné deux fillettes et une jeune femme !  Croyez vous que cela ait ému la Chancellerie, le service de l’application des Peines ou un distingué membre du Parlement ? Que nenni ! Puisque le risque zéro n’existe pas…les victimes sont inévitables !

Il faut reconnaître que dans le même temps les sciences humaines ne progressaient pas ;  psychologie , psychiatrie, ne nous éclairaient guère : alors que les pays qui se donnaient la peine de poursuivre une recherche à démarche scientifique, vérifiable,

 tels que le Canada, reconnaissaient que malheureusement aucune solution n’était en vue, le Parlement français n’hésitait pas à instituer un « suivi médical » qui devait être la panacée, sans d’ailleurs prévoir ni les médecins ni le budget pour les honorer… puisque de toute façon on savait que cela ne servirait à rien ! De qui se moque-t-on ?      

Si ces réformes avaient été faites d’un seul mouvement elles n’auraient jamais été acceptées ; la situation empirait après chaque réforme mais on ne savait pas dans quelle mesure c’était dû à la dernière réforme.

Un « grand coup » fut frappé en 1970. Un quarteron de plaisantins qui paraissaient vaguement occupés au Centre National de Recherches Pénitentiaires, ayant aligné quelques chiffres déclarèrent qu’ils avaient établi que c’était « la prison qui engendrait la récidive, que la famille était criminogène » etc. Le tout dans de beaux bouquins gris bleu reliés aux frais des contribuables. Quel dommage, les auteurs n’avaient pas osé signer ! 

Personne n’eut la curiosité d’examiner ce travail qui n’avait aucun sens, mais la conclusion fut admise et devint l’explication tant recherchée de l’origine du crime. Et puis, cela venait du Ministère de la Justice lui même au point qu’un directeur d’institut de criminologie n’hésita pas à prendre le train en marche et à s’associer à ces plaisantins. Je pus établir sans peine qu’il s’agissait en réalité d’un canular ! Le seul fait que ce « travail » révolutionnaire n’était pas signé ni revendiqué aurait dû attirer l’attention ! Est-ce que au ministère de la <Justice on publie n’importe quoi ? Qui était responsable ? Un directeur d’administration, le ministre lui-même ?

Mais il fallut des années pour que toute discussion ne prit plus fin sur la  constatation devenue banale : «Nous savons maintenant que ce sont les juges qui forment les récidivistes…Pourquoi s’obstine–t-on à ne pas fermer les prisons ? » Et les juges eux même s’alignèrent ! La durée des peines diminua régulièrement !

  Pour nous en tenir à notre domaine, jamais les instituts de criminologie, les observatoires de la délinquance n’ont été aussi nombreux; pourtant il semble que nous ne savons plus où nous allons, que nous n’avons plus de certitudes. Manifestement il y a un divorce entre les Français et leurs juges, leurs élus, leurs fonctionnaires.  Je dois quand même, si je veux être pris au sérieux donner quelques exemples de l’incohérence française ; comme on dit, je persiste et je signe :

-Pendant des années l’homicide involontaire fut puni comme une contravention de

cinquième classe : 3 mois avec sursis et 1000F d’amende.

-la récidive n’était plus punie,

- des individus passèrent 3, 4, et 5 fois aux assises !

- On vota un « suivi médical » pour les criminels dangereux ;

Pourtant la preuve n’a jamais été rapportée qu’un tel suivi pouvait ramener à un comportement normal  un criminel. Bien mieux on peut citer de nombreuses affaires où les « spécialistes » étaient partagés entre ceux qui décrivaient le criminel comme inoffensif et ceux qui le trouvaient profondément et définitivement dangereux. Lesquels croire ? Dans le doute on le mettait en liberté et quand on l’arrêtaitait pour une nouvelle récidive, le cri unanime était « Evidemment, il n’a pas bénéficié du suivi médical prévu pourtant pas la loi ! » ;

- Il faudrait former des centaines de médecins spécialistes mais quel enseignement leur donner? Ce sont des chercheurs qu’il faut mettre à l’ouvrage, les médecins viendront en suite !

- On ne prend pas les mesures qui  permettront ce recrutement, on ne  budgétise pas non plus  les crédits qui les honoreront ; ni pour les chercheurs ni pour les médecins.

- On met en liberté « conditionnelle » des criminels dangereux pour faire de la place dans les prisons pour les petits délinquants  alors que ces derniers seraient mieux à leur place sous des tentes à travailler et à faire du sport. Les prisons devraient être réservées aux criminels dangereux en leur donnant de la place pour travailler.

- Quand le code pénal prévoit une peine de vingt ans de réclusion pour un viol sans circonstance aggravante et que la cour prononce une peine de douze ans pour dix viols, comment cette peine a-t-elle été calculée ? On n’en sait rien, elle décide « comme ça », je dirai « au pif ». Est-ce tolérable ? Il faut en réalité supprimer la confusion des peines et décider que les arrêts de cour d’assises seront motivés !

- Cette motivation parut peut-être trop difficile quand le code pénal fut rédigé et surtout, à l’époque, l’arrêt rendu par un échantillon représentatif de la Nation n’était pas susceptible d’appel. 

Nous pourrions continuer ainsi longtemps mais je m’aperçois que j’aurais dû employer l’imparfait car des réformes ont été réalisées par le nouveau président : restauration des peines plancher supprimées en 94, suppression des grâces  présidentielles insensées et irresponsables mises au goût du jour en 82 par un président qui venait d’être élu et avait décidé qu’il allait changer la vie… Pour les victimes peut-être ?

Création d’établissements d’internement de longue durée pour les criminels les plus dangereux ! Aggravation des peines pour les récidivistes sont maintenant prévus. Nous allons bien voir car j’en connais beaucoup qui traînent les pieds. Je vous confierai que s’il manque des crédits, le mieux est d’utiliser ce qu’on a encore à soigner les Alzheimer ou les Parkinson !

A ce propos je maintiens ce que j’ai avancé et qui n’a jamais été contredit, que ces mises en liberté lorsqu’elles avait entraîné des victimes étaient des fautes,  et ouvraient donc un droit à réparation civile qui ne pourrait être prescrit qu’en trente ans.

Peut-être qu’un jour le ministère de la Justice nous donnera pour les vingt ou trente dernières années le nombre de criminels qui ont récidivé après avoir été libérés par anticipation ou avoir obtenu une permission et après quelle peine subie. Et tant d’autres valeurs du même ordre concernant les délits et la délinquance des « enfants » qui permettront enfin de mettre sur pieds une véritable politique de la Justice pénale.

 

 

Mais diront certains, quelle autorité avez-vous pour critiquer ce qui se fait aussi bien à la Présidence de la République qu’au Parlement, au Gouvernement etc. ?

C’est bien simple : avant d’entrer dans la magistrature j’avais suivi une formation scientifique qui m’avait donné quelques modestes éléments de statistiques. Sans y penser je me suis trouvé au fil des ans créant véritablement une nouvelle manière d’approcher la criminologie que tout naturellement je baptisai d’expérimentale puisque ses résultats pouvaient être vérifiés par l’expérience. Vous voyez qu’il en fallait bien peu !

 Ainsi la criminologie devenait une véritable science, bien modeste mais qui pouvait se développer sur des bases certaines, incontestables, alors que la Justice que nous pratiquons est encore celle du temps de Molière. Imaginez que la Médecine n’ait pas plus évolué que la Justice ! Et comme cette science n’est pas encore admise, qu’il n’y a pas de doctrine vérifiée, au nom de l’indépendance, chaque magistrat, chaque cour, chaque président de la République fait ce qu’il veut alors qu’au moins on devrait respecter l’esprit et la lettre du code pénal.

 J’arrivais au mauvais moment. Mes premiers travaux datent de 1962 : j’établissais seulement que le génocide routier de l’époque (plus de 10.000 morts par an dans les trois jours  de l’accident (c'est-à-dire beaucoup plus en réalité),  100.000 blessés dont de nombreux handicapés à vie,  pour une circulation quatre fois moindre qu’aujourd’hui , ce génocide dis-je était causé par moins de 5% des conducteurs, que notre système d’assurance n’était donc pas équitable et enfin que les peines infligées aux responsables de ces homicides (en général trois à six mois d’emprisonnement avec sursis et 1000F d’amende rapidement amnistiables) étaient une injure à ces morts et n’étaient nullement dissuasives. Je communiquai ces résultats par lettres  et j’eus quelques réponses, un article dans l’Auto Journal et le plus important pour moi, la visite de M.Pigozzi, le président de Simca qui vint jusqu’à mon bureau pour me féliciter, et enfin un mot d’encouragement à continuer du professeur du Professeur Boris Cyrulnik. Malheureusement M. Pigozzi disparut trop tôt car avec son aide, beaucoup de choses auraient sans doute changé. Néanmoins je continuai ma recherche si simple puisqu’il suffisait de constituer des échantillons valables et de les analyser.

Entre temps 1968 était arrivé. La Justice et l’Armée furent les deux corps les plus pris à partie. Cela ne me gêna guère, pendant le joli mois de Mai, j’allais au tribunal en vélo et je profitai de la longue grève pour avancer ma recherche. J’arrivai ainsi à montrer que la grande délinquance et la criminalité sont le fait là encore d’une faible minorité d’individus, environ 3,5% de la population avec deux caractéristiques tout à fait importantes : cette proportion est constante au moins depuis un siècle et le délinquant entre très tôt dans cette (mauvaise) conduite : la population des délinquants est distribuée selon une exponentielle décroissante dont la période de demi-vie est de sept ans à compter d’un âge que depuis l’antiquité on avait retenu comme majorité : quatorze ans. Cette seule découverte annoncée plus tard quand elle fut bien assurée le fut dans un exposé devant le tribunal de Paris en 1974.    Elle était suffisante pour modifier toute notre législation pénale, car elle mettait en évidence que la population des délinquants et criminels d’habitude, endurcis, récidivistes, réitérateurs, voleurs, violeurs et tueurs en série, est une sous espèce de l’espèce humaine. Mais le fossé est tel en France entre les études de sciences même sociales et les études de droit qu’une telle constatation ne pouvait être acceptée. Que la prison forme les récidivistes, que la famille engendre la criminalité, ça, oui, on pouvait y croire ; mais cette histoire de loi de demi-vie distribuée selon une exponentielle décroissante…à d’autres ! Mes meilleurs collègues ne me le cachèrent pas : « Fontaine, vous ne nous ferez pas croire qu’on peut mettre des délinquants en équation »…C’est tout ce qu’on trouva !

 Ce qui caractérise la nature même de ces délinquants et criminels, c’est que dès qu’on les libère, ils récidivent. Il est donc faux de penser qu’on fera de la place dans les prisons en les remettant en liberté puisqu’ils y retourneront dans les plus brefs délais et que nous aurons fait seulement de nouvelles victimes…Mais allez expliquer ça en France, dans les années qui ont suivi 68 !

En résumé je ne demande pas qu’on me croie sur ma bonne mine mais sur les résultats que je présente, des résultats chiffrés que chacun peut examiner à son tour et discuter. Ce sont ces valeurs qu’il faut croire et non votre pauvre interlocuteur, clamans in deserto !

 

Ce qui me parait extraordinaire c’est que pendant des décennies le plus grand désordre ait pu régner dans les esprits sans susciter de réaction : au nom de leur indépendance les tribunaux faisaient n’importe quoi, le législateur modifiait le code pénal plutôt que de voter la construction de prisons ou d’établissements fermés pour les mineurs, le service de « l’application des peines » et le président de la République mettaient « en liberté à tout va » des individus comme Fourniret ou Pierrot le fou etc. etc. J’ai entendu un sénateur, ancien garde des sceaux s’opposer au rétablissement des peines minimales en disant « les prisons sont déjà pleines » ! A ce compte là on pourrait facilement limiter le déficit de la Sécurité Sociale : « Les hôpitaux sont pleins !  Halte aux admissions, rentrez chez vous ! ».

J’ai eu la chance de vivre assez longtemps pour voir enfin mes travaux reconnus. Imaginez ma joie quand un soir j’entendis le candidat Sarkozy promettre s’il était élu de réformer la Justice : rétablissement des « peines plancher » pour les récidivistes etc.

« Car nous savons maintenant que l’essentiel des crimes et délits les plus graves ne sont commis que par les récidivistes… « 

C’étaient les mots mêmes que j’avais employés dans mon exposé devant le tribunal de Paris en …1974 et que vous trouverez sur ce site sous le titre « Théorie

Générale de la délinquance, de la récidive et des peines ». 

J’ai donc eu raison sur la punition des homicides involontaires, l’enfermement prolongé des criminels dangereux etc. mais il reste encore tellement à faire ! Car la solution définitive de la délinquance est encore à trouver. Enfermer les violeurs, les assassins même à vie n’est pas suffisant. Est-ce qu’on se contente d’hospitaliser les malades sans les soigner ? Il faut donc rechercher la ou les causes de la criminalité pour enfin donner les soins qui conviendront et que nous ne connaissons pas encore

: nous le devons aux futures victimes et aussi aux criminels eux-mêmes.

 

 

 

 

 

LES CARACTERISTIQUES DE LA DELINQUANCE ET DE LA CRIMINALITE EN GENERAL. (Sans distinction de la nature des faits).

 

LA DELINQUANCE ET LA CRIMINALITE DANS LE TEMPS.

Aussi loin que nous remontions dans l’histoire des hommes nous devons bien constater qu’il y a toujours eu des individus déviants que leurs contemporains ne pouvaient supporter ! Si vous prenez l’Ancien Testament au pied de la lettre, vous serez obligés de constater que déjà la première famille sur Terre se fit remarquer par le fratricide  de Caïn, plus tard par le viol incestueux de Cham et si vous passez à l’époque historique vous déplorerez que même le Peuple Elu n’ait pas manqué une occasion :

Ruben monte sur le lit de sa belle mère et en partant le peuple de Moïse emporte l’argenterie des Egyptiens assez naïfs pour la leur confier !

Au moins l’Ancien Testament ne cache-t-il rien et on trouvera là une preuve de sa véracité. Mais sans remonter si loin, l’histoire de la Grèce ou de la Rome antique nous montre qu nous n’avons rien à inventer en matière de crime. Le crime colle à la peau des hommes, plus exactement à la peau de quelques uns.

 

LA DELINQUANCE ET LA CRIMINALITE DANS L’ESPACE.

Là encore je ne serai pas long. Je ne crois pas qu’on puisse citer un pays ou une région où la délinquance et le crime sont inconnus. Chaque fois qu’on découvrait un nouveau pays on apprenait aussi de nouveaux crimes punis de nouvelles peines, mais le fonds des  affaires était le même

 

 

 

LA DELINQUANCE ET LA CRIMINALITE DANS LA SOCIETE.

 

D’abord voyons ce que nous pouvons considérer comme sûr. En analysant les jugements du tribunal de Paris prononcés avant la dernière guerre, alors que depuis  tout avait changé, les mœurs, les lois,  les conditions économiques, je pus constituer des échantillons  indiscutablement aléatoires de délinquants ou de criminels nés autour de 1900. Les bras m’en tombèrent quand je constatai que ces   échantillons étaient distribués de la même manière que ceux tirés au sort dans les jugements de 1960 à 1970 ! La moitié des condamnés récidivistes  avaient été condamnés pour la première fois alors qu’ils avaient entre 14 et 21 ans, le quart entre 21 et 28 et ainsi de suite ! Cette loi statistique de demie vie de la population des récidivistes est infiniment plus importante qu’il ne parait : ces délinquants et criminels, nés lorsqu’ils atteignent 14 ans et qu’au jour d’hui on traite avec un sourire indulgent sont en fait les délinquants et les criminels qui seront demain majeurs ! Un « enfant délinquant » ne cesse pas d’être délinquant en devenant majeur et nous les retrouvons devant les tribunaux pour majeurs ! La délinquance juvénile n’est pas comme on a affecté de le croire une maladie de croissance : elle est l’extériorisation de la nature du délinquant et j’ajoute que l’examen des casiers judiciaires montre que plus elle est précoce, plus elle sera grave ! Alors que la moitié des récidivistes, entrés dans la délinquance entre 14 et 21 ans, seront condamnés une douzaine de fois, chaque fois pour plusieurs crimes ou délits et dont on n’a plus la trace après un jugement de confusion, ceux qui ont été condamnés pour la première fois après 42 ans ne le seront plus que deux ou trois fois et en général pour des « bricoles !

Mais  pour en revenir aux « enfants » condamnés comme tels, au lieu d’avoir appris à bien se tenir, ils ont appris à mépriser la loi et les juges, les policiers qui ne représentent plus rien pour eux. Le laxisme de l’ordonnance de 45 a été la pire des mesures pour eux et nous pouvons dire qu’elle a causé la perte de quelques générations.

Malheureusement il ne m’était pas possible de vérifier la proportion des délinquants dans la population d’avant guerre  ni celle des récidivistes parmi les délinquants. Je ne peux donc m’avancer à affirmer que la proportion des récidivistes est constante et par prudence scientifique je dois dire qu’elle me parait constante.

. De même je n’ai pu vérifier la proportion des femmes dans l’échantillon des condamnés d’avant la guerre mais dans tous les échantillons récents, la proportion des femmes était 10% de celle des hommes ! Quelle que soit la cause de la criminalité, je crois pouvoir affirmer qu’elle est liée à l’agressivité. Je peux vous rapporter un incident authentique et significatif. Quand enfin le code pénal fut modifié comme je le réclamais depuis 30 ans pour mettre la sanction des homicides involontaires au niveau de celle en usage dans les pays civilisés,  pendant quelques jours les radios rendirent compte des accidents qui s’étaient produits sur la route avec mort d’hommes et circonstances aggravantes d’alcoolémie au volant ou mise en danger de la vie d’autrui. Chaque jour le journal télévisé annonçait : à « Roubaix un homme a provoqué un accident… » le lendemain  c’était « en banlieue parisienne ou en Bourgogne… ».  Au bout d’une semaine j’annonçais « si mes travaux sont exacts, nous devrions avoir bientôt une femme… » Effectivement après quelques jours on annonça qu’une conductrice après avoir heurté une voiture à l’arrêt avait pris la fuite et provoqué un nouvel accident avec un ou deux morts ! Elle s’était enfuie après de simples dégâts matériels car elle savait qu’elle était sous l’empire d’un état alcoolique !!!

Il est encore un autre aspect de la délinquance et de la criminalité que nous ne pouvons ignorer. Là encore je ne peux rien prouver car je n’ai pas eu la possibilité de mesurer et de compter, mais je peux énumérer des exemples que vous avez sûrement relevés déjà. Il n’y a pas de classe ni de groupe socio professionnel ou même religieux qui ignore la délinquance et la criminalité. A tout seigneur tout honneur : Citerai-je pour commencer Alexandre VI, le plus corrompu des Papes, en haut de l’échelle et le clergé pédophile besogneux qui ruine son église,  mais aussi un savant authentique proposé pour le Nobel qui tua son épouse pour vivre avec sa maîtresse, des magistrats très éclectiques dont l’un sodomisa sa petite bonne de moins de quinze ans, dont l’autre attaquait les stations services de sa circonscription dans les Alpes, dont le troisième se masturbait à l’audience correctionnelle, des professeurs de faculté dont un éthologue de Bretagne qui tua sa femme, l’enterra dans son jardin et partit à un congrès d’éthologie précisément, à Rome, au bras de sa maîtresse et cet autre qui détourna les œuvres de Giacometti, des enseignants  de l’enseignement supérieur dont l’un garantissait le succès aux examens de ses élèves qui voulaient bien prendre des leçons particulières… Du secondaire et du primaire, laïques mais pédophiles, des médecins gynécologues réputés qui violaient leurs patientes (en France et en Suisse) , des hommes d’affaires, les plus riches et les plus puissants comme le président d’Enron, le plus grand scandale financier et qui ruina le fonds de pension de ses milliers de salariés ! Mais on peut citer aussi des ducs, des princes, des dictateurs et leurs fils…on n’en finirait pas. Je ne dirai donc pas qu’il y a parmi les plus riches, les plus puissants, les plus respectés plus ou moins de délinquants et de criminels  que dans le reste de la population, mais je pense que tout à l’heure je serai en mesure de vous donner une bonne évaluation : Ils sont en même proportion que le reste de la population mais souvent on en parle moins !.

En attendant, nous pouvons faire un premier point. Il parait acquis que

-criminalité et délinquance ont toujours existé et partout sur la Terre,

- qu’elles paraissent rares, en ce moment, en Occident  car je ne me sens pas le droit de généraliser : chez nous elles paraissent de l’ordre de 3 à 4 % chez les hommes, dix fois moins chez les femmes. Elles paraissent constantes. Il doit y avoir des périodes propices au développement de la délinquance, par exemple les grandes périodes de corruption, de désordre, de guerre, mais crimes et délits se retrouvent partout : dernièrement on a mis à jour des réseaux de prostitution et de pédophilie dans les troupes et les organisations non gouvernementales envoyées en Afrique pour venir en aide aux populations !

Mais attention !!!

Je me souviens des années 60 ; on avait noté une recrudescence indiscutable de la délinquance et on en cherchait les causes : la banlieue, la télé, l’immigration, l’activité des services de Police ! Je n’avais eu aucun mal à démontrer qu’en réalité, s’il y avait effectivement plus de crimes et délits commis, cela n’impliquait pas qu’il y eut davantage de délinquants mais que chaque délinquant commettait davantage de crimes ou délits !

- Délinquants et criminels d’habitude, affirmés, récidivistes, nés à des milliers de kilomètres, à cent ans d’intervalle, appartiennent à une même population et sont liés par une loi statistique indiscutable de demi-vie de 7 ans comme le sont par exemple les éléments radioactifs .

Ces premières constatations ne nous révèlent pas les causes de ces comportements mais nous permettent au moins d’éliminer quelques circonstances plus ou moins épisodiques ou vernaculaires, telles que le chômage, l’ignorance, la laïcité ou la religion, la crise du logement, la pauvreté ou la richesse, la sévérité ou le laxisme des parents, la télévision, la présence de sels de plomb ou de cuivre dans l’alimentation, la « labellisation », l’activité de la Police, l’allaitement au sein ou au biberon, les phases de la Lune ou les taches du Soleil, l’insuffisance des prisons, leur délabrement,  etc. etc.

A réfléchir sur ce premier bilan, deux  constatations apparaissent :

-Le même fait peut être dans le même temps un crime ou un acte méritoire, un acte recherché ou un acte honni,

Le même fait peut être successivement, tantôt un crime, tantôt un acte plus ou moins bien accepté ;

Vous avez certainement à l’esprit des illustrations de ce que je viens d’affirmer, mais je vais quand même donner quelques exemples qui serviront de base à nos développements.

Tuer un individu de l’espèce humaine pour une raison personnelle est un crime. Si l’homicide est accompli sur l’ordre d’une autorité reconnue (guerre) c’est un acte encouragé. C’est en fait une extension de la légitime défense.

Imposer une exhibition sexuelle à quelqu’un qui n’a pas manifesté son consentement est un délit mais le spectateur peut être consentant et même demandeur, par exemple en assistant à un spectacle pornographique payant ou seulement en entrant dans un camp nudiste. Tout comme certains paient pour se faire fouetter !

Au jour d’hui le proxénétisme est considéré comme le plus lâche des délits ; profiter de la prostitution d’une femme est vraiment le fond de l’indignité ! Pourtant les riches romains, sénateurs, chevaliers n’hésitaient pas à acheter des prisonnières de guerre, pour les placer dans des lupanars qui leur appartenaient…

Imposer une relation sexuelle à une femme est un crime mais après le mariage qui est une vraie fête, c’est pour elle un devoir de l’accepter sauf conséquences légales.

Avant Moïse l’homosexualité masculine était acceptée mais le grand prophète la punit de mort et peu à peu l’humanité tout entière suivit son enseignement. Ce qui laisse penser que cette orientation sexuelle n’était quand même pas tellement approuvée. Mais de là à la punir de mort !

  Actuellement l’interdiction est en régression. Mais je ne saurais dire si les mœurs sont plus sévères

L’homosexualité féminine n’a jamais fait l’objet d’interdiction, tout au plus de quelques moqueries sur les « frotteuses » ou les « frottasses » du moins en grec ancien. En France, l’inceste n’est pas poursuivi du moins entre majeurs consentants, mais sauf erreur des frères et sœurs ne peuvent se marier, même pas se pacser. Pendant des décennies, du temps de la dynastie des Lagides, en Egypte (305-30 avant J .C) le mariage entre frère et sœur était courant et parfaitement reconnu, enregistré à l’Etat civil. Pendant longtemps les patriarches de la Bible épousèrent leurs sœurs, probablement leurs demi sœurs, du même père mais non de la même mère, comme l’étaient Abraham et Sarah. 

Akhénaton qui avait introduit en Egypte le culte du dieu  unique avait même pris pour femme outre ses sœurs, une de ses filles. Mais cela lui fut reproché.

Le droit romain avait établi que l’enfant conçu était tenu pour né et l’avortement

fut longtemps et logiquement puni comme un homicide mais cessa de l’être lorsque une politique d’eugénisme fut mise en place comme elle le fut dans de nombreux pays européens et nord américains.

. Au Moyen Orient ancien, la femme qui se faisait avorter était punie de mort. En France l’auteur d’avortements sur d’autres femmes fut un temps puni de mort et la dernière femme guillotinée, probablement la seule pour cette raison, le fut pendant la dernière guerre. Depuis, l’avortement a été réglementé et sous condition de délai

c’est un acte médical remboursé par la Sécurité Sociale sans avoir à donner de raison. Je me souviens –j’étais jeune garçon juste avant la dernière guerre,  que la publicité pour les préservatifs était interdite ! Comment donc une interdiction pourrait-elle être interdite au fond de l’âme ou du génome pour des actes qui sont tantôt interdits, tantôt encouragés ? Je crois donc que ce n’est pas le fait que le délinquant veut violer mais l’interdiction qu’il saisit comme un défi qui lui est adressé !

La pédophilie a toujours existé. Déjà le pape qui couronna Charlemagne…Je ne      vous donnerai pas son nom, vous devinerez pourquoi. Curieusement elle est maintenant poursuivie avec horreur. Il y a seulement trente ans, une fillette genevoise qui commençait à raconter à ses parents ce que le curé lui avait fait dans le confessionnal, recevait une bonne gifle et était envoyée au lit sans dîner. Je pense que c’est la foi qui se perd. Ces fillettes, maintenant des femmes se sont réunies en association pour pouvoir enfin en parler et se libérer !

Lorsque j’entendais des professeurs éminents déclarer qu’ils avaient examiné à la loupe le passé de nombreux criminels en remontant jusqu’à leur naissance et n’avaient rien trouvé qui pût les distinguer des autres jeunes, je ne pouvais m’empêcher de dire « Oui, mais avant la naissance, êtes vous sûrs qu’il ne s’était rien passé ? La vie ne commence pas à la naissance mais à la conception ! ».

 

Je vais faire une première remarque : bien souvent on cherche LA CAUSE qui va tout expliquer, LA LOI qui va rétablir le pouvoir d’achat et ainsi de suite alors qu’il y a presque toujours plusieurs causes, plusieurs lois  qui entrent en jeu. Si la génétique pouvait expliquer plusieurs aspects d’un comportement humain sinon anormal, du moins minoritaire dans l’espèce, il n’en résulterait pas moins que d’autres facteurs peuvent encore intervenir, soit pour accentuer ce caractère, soit pour l’étouffer et c’est pourquoi cette recherche est si difficile !

La recherche est encore rendue compliquée par le fait que –fort heureusement- il n’est pas permis d’expérimenter sur des humains, à quelque degré de développement que ce soit !

Mais il nous est possible d’étudier les hommes à divers stades de leur développement, dans des situations tout à fait différentes, dans des groupes humains très différents et éloignés et surtout nous savons que les hommes ont conservé bien des caractères possédés déjà par des espèces animales !

Précisément nous connaissons quelques cas d’espèces voleuses, chez les oiseaux, quelques cas où les femelles choisissent leurs géniteurs, des animaux qui vivent en couple sans même savoir qu’ils sont de même sexe et enfin des animaux qui trichent. Beaucoup d’animaux tuent, mais toujours semble-t-il d’une manière utilitaire  pour survivre ou pour leurs descendants. Mais certains comportement sont encore plus élaborés : quand les descendants de nombreuses espèces peuvent se suffire à eux-mêmes, leurs nourriciers les renvoient, d’autres savent accumuler des réserves, pratiquer l’agriculture, l’esclavage, la guerre… interdire la reproduction aux membres du clan ! Tout cela leur est peut-être appris, mais quand la dernière génération n’a pas connu la précédente, comme chez les guêpes pour ne donner qu’un exemple, il fallait bien que tout ce savoir fût gravé dans une mémoire ? Et demeurât à travers des métamorphoses.

Il est vrai que cette disposition n’est pas générale : de jeunes animaux qui ont perdu leurs géniteurs et sont sauvés, nourris, élevés par des hommes sont incapables de survivre dans la nature sans une nouvelle éducation ! Mais dès qu’ils grandissent, le naturel revient au galop !

Il arrive que  le premier geste d’un animal soit déjà un crime, gravé au plus profond de lui-même : lorsque l’œuf d’une femelle coucou, pondu par sa mère dans un nid d’une autre espèce, éclot,  le premier geste de l’oisillon est de faire tomber du nid les oisillons nés avant lui et les œufs non encore éclos de manière à rester le seul dans le nid ! Personne n’a pu le lui suggérer ou le lui rappeler ou le lui apprendre…Nous avons bien là un criminel inné… mais irresponsable et cela sera tout notre problème.

Tout serait plus facile si nous connaissions la généalogie des criminels. Sans compter que lorsque nous la connaîtrons nous ne serons encore sûrs de rien : le père n’est que présumé ! Je vous dis tout de suite que cette recherche des ascendants des grands criminels n’est pas possible : des lois françaises, des directives européennes les limitent  jusqu’à les interdire et surtout, sans l’ADN des grands parents, nous ne pourrions rien faire de sûr !

Il faudrait pouvoir expliquer pourquoi subitement la criminalité la plus violente apparaît chez un individu : par exemple le docteur Petiot, Landru, Fourniret et disparaît ensuite puisque ni leurs frères, ni leurs fils quand ils en ont ne paraissent frappés de la même malédiction.

Souvent on ne comprend pas pourquoi une famille entière vire soudain dans le crime.  Par exemple, Agrippine l’Ancienne, était petite fille d’Auguste, fille d’Agrippa et de Julie*. Elle épousa Germanicus dont elle eut Caligula* et Agrippine la Jeune* Cette dernière eut Néron de Ahénobarbus puis elle épousa Claude son oncle  et lui fit adopter Néron*. Elle commit de nombreux crimes avant d’empoisonner Claude* pour que Néron  lui succède mais celui-ci peu reconnaissant la fit mourir sans tarder et commit bien d’autres crimes, encore que –selon le Monde-  « il fut un adversaire résolu de la peine de mort ».

Vous vous souvenez que Auguste (anciennement Octave) et Ahénobarbus répondaient en gros aux canons des hommes politiques romains, ni meilleurs ni pires, mais déjà  que Julie est restée célèbre pour ses débordements sexuels. Caligula, fou sanguinaire était le frère d’Agrippine la Jeune qui lui ressemblait. On ne compte plus les crimes de Néron. Heureusement qu’il se suicida jeune pour échapper au châtiment. Je ne vous étonnerai donc pas en disant que la généalogie de cette famille et la génétique  pourraient expliquer au moins en partie leurs carrières criminelles ; mais pourquoi cette prédisposition au crime a-t-elle en apparence commencé avec Julie et Germanicus ? S’est-elle éteinte avec le suicide de Néron ? Il est très possible que ce dernier ait eu des descendants illégitimes inconnus avec des maîtresses ou des esclaves que l’histoire n’a pas connus !

 Moins puissants auraient-il moins tué, moins volé ? Peut-être mais ce n’est qu’une question de quantité.

J’ai commencé par parler de la recherche d’une cause génétique par ce qu’il me semble que tant de travaux ont été menés pour rechercher toute autre cause  qu’on l’aurait sans doute trouvée si elle existait.

Mais je vous en prie, qu’il n’y ait pas de malentendu, ce que je propose c’est une recherche générale, dans tous les sens, non pas d’une cause car il y en a peut-être plusieurs, sans en éliminer a priori aucune,  qu’elle soit virale, climatique, nutritionnelle voire enfin diabolique ! Même si nous parvenions à découvrir une cause unique à la criminalité, il faudrait encore expliquer pourquoi cette criminalité prend des aspects aussi différents que le vol, le viol, l’homicide, en faisant remarquer que les voleurs s’en prennent rarement aux personnes, que de nombreux homicides n’ont pas été précédés d’un vol ou d’un viol, alors que de plus en plus fréquemment le viol se termine par l’homicide. Nous ne pourrons manquer de faire apparaître combien les circonstances extérieures, si l’on peut dire, au fait incriminé sont importantes puisque le même fait peut être un crime grave ou un acte d’amour toujours précédé d’une grande fête, selon que la victime avait ou non donné son consentement solennel… Ce préambule vous fait déjà comprendre quelles précautions nous devrons prendre pour essayer d’être clair et complet !

Je m’aperçois déjà que je me suis avancé inconsidérément : revenons à la belle famille d’Auguste : Julie, c’était le sexe. D’ailleurs c’est assez rare de la part d’une femme. Elle n’a pas été la seule dans son genre, mais les excès sexuels sont plutôt le genre des hommes. Messaline l’Ancienne déjà mêlait les genres : elle portait plainte faussement contre de riches romains qui auraient abusé d’elle. En moins de deux le riche romain était condamné à mort, exécuté et ses biens étaient attribués par l’empereur à la plaignante : il y avait bien une cupidité sanguinaire.

A un certain niveau le vol s’accompagnera de meurtre : dans l’organisation d’un hold up, du vol d’un transport de fonds, tout est mis en place pour assurer le succès de l’entreprise, armes de guerre, explosifs : on doit réussir à n’importe quel prix.

Pendant longtemps les viols furent commis sans mettre autrement en danger la vie des victimes. C’est ainsi que pratiquait Fourniret dans sa première manière. Ayant été condamné sur le témoignage de ses jeunes victimes, dès qu’il fut mis en liberté dans des conditions absolument inadmissibles, il décida qu’on ne l’y reprendrait plus : désormais la malheureuse fillette choisie devrait mourir après avoir été violée ! Il en fut de même de Pierrot le Fou et de tant d’autres ! Est-il possible que ces trois déviations : vol, viol, homicide ne soient que des formes différentes d’une même disposition ? Quand le président d’Enron, ayant volé ses actionnaires, ses employés et associés, sur le point d’être arrêté faisait virer au compte de sa femme un milliard de dollars, pouvait-il imaginer que ce virement passerait inaperçu ? Que pouvait-il en espérer ? Quand un individu se prépare à violer une jeune femme qu’il a repérée après l’avoir observée pendant des semaines et risque ainsi des années de réclusion alors qu’il est marié  ou que pour une modique somme il pourrait obtenir la même satisfaction, n’est on pas en droit de penser que ce que ces hommes recherchent ce n’est plus la satisfaction que donnent l’argent ou la relation sexuelle mais en réalité le plaisir de prendre un risque énorme : pour le président d’Enron il s’agit de triompher, de ne pas reconnaître qu’il est battu,  pour le violeur, il veut ce qui est défendu !

J’incline donc à croire que ces trois dispositions, vol, viol, meurtre sont en réalité une seule et même forme d’addiction. Lorsque la Nature a créé la reproduction sexuée, elle était obligée de l’assortir d’un violent désir de reproduction, d’une forte satisfaction, de ce qui est encore pour nous un indicible plaisir, l’acmé de toutes les satisfactions ! Je ne peux imaginer que ce plaisir soit venu par hasard, en aboutissement d’une évolution : la vie aurait disparu depuis longtemps ! Et nous pouvons dire que ce plaisir accompagne tous les besoins vitaux des êtres vivants ! Le nouveau né a faim lorsqu’enfin il est séparé de sa mère et quel plaisir il éprouve et éprouvera toute sa vie à se nourrir ! Au point que –comme des espèces uniquement carnivores- il tuera des individus d’autres espèces pour se nourrir. Les loups ne se tuent pas entre eux, mais ils tuent les autres espèces et les hommes font de même ! Peut on encore étendre cette addiction au besoin de dominer, d’être le plus fort, le plus intelligent, le premier enfin et vous trouvez les addictions au sport, au travail, à la lutte politique, au jeu … Mais dans ces conditions, que deviennent les drogues ? Vous allez peut-être rire mais je crois que simplement, l’organisme étant prêt à une addiction au plaisir, l’homme a découvert d’autres sources de plaisir qui étaient prêtes sans avoir été préparées pour cette usage !Pourquoi le saule guérit-il tant de maux par son extrait, l’aspirine ? Je ne pense pas qu’il avait été fait pour cette guérison, mais c’est ainsi.

Et la génétique dans tout ça ?

Il n’et pas difficile de la mettre en évidence :

-Depuis que la reproduction sexuée existe, le désir s’est perpétué sans qu’on puisse même penser qu’il s’est affaibli depuis un milliard d’années.

- Pourtant certains lui échappent ! Saint Paul est sans doute le plus connu de ces asexuels, lui qui écrivait (I Corinthiens, 7) « Je pense qu’il est bon pour l’homme de ne point toucher la femme …mais s’il ne peut résister, mieux vaut se marier que tomber dans l’impudicité… » etc. Il faut dire que pour St Paul la fin du monde était imminente ! Au jour d’hui les « asexuels », comme ils se désignent eux-mêmes, se regroupent en association, on les connaît d’autant mieux qu’ils ne se cachent nullement : anatomiquement ils sont absolument normaux mais n’ont aucun appétit sexuel. Ils ne sont pas tentés et, s’ils essaient, ils n’ont aucun plaisir. De telle sorte qu’ils ne sont nullement frustrés. Quelques uns s’étant mariés se sont un peu forcés et sont parvenus à avoir des enfants, comme il arrive qu’on mange un plat par pure politesse quand on est invité.

D’autres individus, par contre, sont habités d’une libido irrépressible mais qu’ils arrivent à satisfaire. Je citerai Simenon puisqu’il en a parlé lui-même. Heureusement pour lui, il y avait à l’époque des « maisons closes » et il avait les moyens de s’y rendre en courant plusieurs fois par jour quand le simple frôlement d’une femme dans un autobus le mettait dans tous ses états. D’où tenait-il ce comportement ? On pourrait en citer bien d’autres moins connus.

En ce qui concerne les asexuels, il serait assurément intéressant de savoir s’ils ont des vies ternes, modestes, passives ou s’il leur arrive d’être « pris » par une passion telle que le jeu, les drogues etc. Il me vient toutefois à l’esprit que des dictateurs tels Hitler, Robespierre, etc. ne s’intéressaient guère aux femmes. Mussolini par contre en tenait toujours une au chaud dans la pièce voisine de celle du conseil et interrompait parfois quelques minutes la séance pour aller l’honorer rapidement sur la moquette. Il revenait alors en souriant et en rajustant son baudrier….

 

On peut évidemment supposer qu’il est arrivé à ces individus quelque chose quand ils étaient encore enfants, quelque chose  qui n’a pas attiré l’attention à l’époque…La preuve sera difficile. On peut aussi supposer qu’une mutation est apparue dans leur appareil génétique lors de la conception car avant tout c’est bien le génome qui décidera si un individu sera un homme ou une femme…Quelque chercheur essaiera-t-il un jour de comparer les génomes d’un échantillon d’asexuels et d’un échantillon d’hypersexuels et, pendant qu’on y est,  d’individus dits normaux et de quelques criminels dont le nouveau fichier pourrait nous fournir l’ADN ? Seul un spécialiste averti pourrait nous le dire !

Autrement, je ne vois pas de solution : nous devrons nous contenter de savoir qu’une anomalie accompagne les criminels, provoquant semble-t-il une addiction. Ce n’est pas ça qui permettra un traitement médical.

 

 

 

Aussi honnêtement que possible je vais essayer de présenter les thèses de ceux qui pensent qu’une recherche sur la ou plus probablement les causes de la criminalité est inutile, voire dangereuse et quels sont ceux des autres qui croient qu’en toute matière l’étude du comportement humain est toujours avantageuse.

Mais je n’ai pas créé la criminologie expérimentale pour qu’on procède à n’importe quoi. Je demande  une véritable recherche, j’entends par là une recherche scientifique, c'est-à-dire expérimentale pour qu’il soit possible d’en vérifier les résultats en les répétant, en les mesurant. Je ne suis d’ailleurs pas le premier à avoir proposé cette recherche. Sous la direction du professeur Léauté, l’institut de criminologie de Paris avait dans le début des années 80, lancé un vaste programme

 puisqu’il s’agissait d’étudier si je me souviens bien, deux cents causes possibles agissant séparément ou ensemble. En d’autres circonstances, le même professeur confiait à des auditeurs de France Inter qu’il avait étudié jusque dans leur berceau la vie de grands criminels sans trouver d’explication à leur comportement.

De même, qui nous dira pourquoi des peines si horribles qu’elles soulèvent le cœur par leur seule description ne paraissent elles pas dissuader  les criminels ? Il ne restait donc plus qu’à aller voir ce qui s’était passé avant,  par exemple l’hérédité du sujet de la recherche.

Je dis que nous ne pouvons pas rester seulement témoins de crimes affreux s’il existe une possibilité même très faible et difficile à atteindre, de les comprendre, voire de les empêcher. Pourquoi renoncerions nous sans rien faire alors que la science humaine nous a conduits à des exploits inimaginables il y a seulement quelques décennies. Nous ne forçons personne à chercher avec nous, au moins que personne ne nous empêche de faire progresser la connaissance de l’homme !

 

2- LES ARGUMENTS DES OPPOSANTS A TOUTE RECHERCHE.

       Les plus sérieux argumentent ainsi :

        Vous n’avez pas le droit de procéder à une recherche sur l’existence d’une ou de plusieurs causes de la criminalité, car si vous la ou les trouviez –avec tous les risques d’erreur qui existent- vous stigmatiseriez des individus innocents aux yeux de la loi et des hommes, que vous ne pourriez ni punir parce qu’ils n’ont rien fait de blâmable ni même les nommer car vous n’avez pas la certitude qu’ils commettront les crimes  dont vous les croyez capables. Par ailleurs, le seul fait que vous les déclariez programmés par exemple pour violer ne suffira-t-il pas à les pousser à passer à l’acte ?

Il y a une autre difficulté qu’on ne peut esquiver : les lois changent, les crimes et les délits naissent, vivent et un jour meurent ! Nous avons vu ainsi l’avortement qui était un délit devenir un crime puni de mort, puis redevenir un délit finalement supprimé pour n’être plus qu’un acte médical remboursé par la Sécurité Sociale ! De même l’homosexualité masculine qui était une pratique courante fut un jour punie de mort par Moïse et le demeura jusqu’à ce jour dans certains pays. Le Royaume Uni n’a supprimé que récemment la peine des travaux forcés qui la punissait encore au siècle dernier: tel fut bien le triste sort de Oscar Wilde… Certains états d’Amérique du Nord punissent encore lourdement la sodomie ;

Le plus extraordinaire fut que l’homosexualité masculine qui ne faisait aucune victime lorsqu’elle était pratiquée entre majeurs consentants persista pendant des millénaires de persécutions très dures sans disparaître. 

L’homosexualité féminine ne fut jamais ni nulle part réprimée. Je ne le regrette certainement pas  mais je ne me l’explique pas, du moins pour le moment car nous y reviendrons ! On peut imaginer que cette homosexualité ne risquait pas de mettre en danger la paternité, et puis les femmes ont tant d’occasions de souffrir que si elle peuvent trouver un peu de plaisir, qu’elles en profitent !

 Les homosexuels masculins furent stigmatisés, déportés, torturés sans  renier leur disposition qui parait incompréhensible aux autres. C’est ce qui me fait le plus penser à une cause attachée très fortement au plus profond de leur être ! Dans n’importe quel autre disposition les gens concernés n’insisteraient pas !

Il a fallu attendre le président Giscard d’Estaing pour faire disparaître de notre code pénal l’adultère de l’épouse, l’entretien de concubine au domicile conjugal de l’époux. Combien de femmes pourtant furent condamnées à mort et exécutées, lapidées au Moyen Orient selon la loi mosaïque, noyées dans un sac cousu sur les rives du Bosphore sur l’ordre de quelque sujet ottoman, murées vives dans un donjon occidental par un minable seigneur furieux d’être cocu ou tout bêtement la tête tranchée à la hache comme Anne Boleyn en 1536 ! Ce n’est quand même pas si vieux ! Et jusqu’au moment où le même président Giscard d’Estaing le supprima, les maris qui surprenaient leur épouse « in ipsis Veneris rebus » dans le lit conjugal bénéficiaient d’une excuse, mais pas les épouses dans des situations symétriques!!!

Et nous pourrions remplir quelques pages de situations semblables.

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Je ferai quand même une remarque : parmi ceux qui se firent le plus entendre pour nier seulement la possibilité d’une origine génétique, on put remarquer et retrouver des gens qui s’étaient farouchement dressés contre l’institution d’un  fichier ADN des personnes impliquées dans des crimes. Ce fichier finit par être mis en route. S’il avait existé quelques années plus tôt, des arrestations auraient permis d’éviter plusieurs crimes et je pourrais citer quelques victimes qui auraient échappé à leur triste sort si ce fichier avait existé. Les opposants au fichier demandèrent-ils pardon, firent ils amende honorable ? Je vais réunir leurs noms et leurs interventions et les publier : ce sera une sorte de pilori moral. Nous disposons donc d’un fichier ADN concernant notamment les plus grands criminels : est-il suffisant pour permettre des comparaisons avec un fichier que l’on pourrait établir d’un échantillon de personnes dont l’âge permettrait de dire qu’ils mourront sans avoir commis de crime (connu) ? Je l’ignore mais je vais essayer de me renseigner.

Une autre difficulté existe pour ceux qui veulent savoir ce qui provoque le passage à l’acte criminel : des circonstances extérieures ne peuvent elles empêcher d’agir une personne programmée pour violer ou pour tuer ? Dès lors le pronostic sera en défaut car on ne pourra  relever toutes les circonstances…

 

 

UN PEU DE METHODOLOGIE

 

       Il y a certainement plusieurs manières d’approcher ce problème. Je propose d’utiliser celle qui me parait la plus simple, certainement la moins coûteuse. Si elle ne donne rien, il sera toujours possible d’essayer autre chose.

Il me parait intéressant tout d’abord de poser en précaution qu’il me parait difficile qu’une seule cause puisse être à l’origine de « la criminalité ». Celle-ci me parait devoir être définie comme la contrevenance d’un individu à la loi admise par le groupe dans lequel il vit. D’où viennent ces lois, comment sait-on qu’elles sont admises et doivent être respectées souvent à peine de sanctions. Je crois que les lois qui sont respectées, admises tout naturellement sont celles qui sont dans le droit fil des dix commandements ? Pourquoi ? Mais tout simplement parce qu’elles sont les lois de l’espèce ! C’est pourquoi elles furent adoptées si tôt par les populations du Moyen Orient si tôt, puis à Babylone, puis par Moïse, enfin par les Chrétiens… Mais les Romains et les Grecs Anciens ne les avaient pas attendus pour punir le meurtre, le viol et le vol !

 

 

1­- où et quand est né le crime ?

Il ne fait aucun doute, à mon sens, que le crime est apparu il y a très longtemps chez les animaux : par exemple

-« tuer un membre de l’espèce » est puni chez les loups ;

-« voler un territoire approprié par une famille » est aussi intolérable pour beaucoup d’animaux solitaires ou vivant en groupe qui n’admettent pas la moindre intrusion : quand des « petits » d’une nouvelle génération seront jugés adultes par ceux qui les ont élevés, ils devront partir vers de nouveaux territoires.

-. « Essayer de féconder une femelle appartenant à un « harem » de nombreux animaux tels que cerfs, phoques, éléphants de mer, etc. entraîne la punition du mâle audacieux mais non de la femelle qui n’a pas essayé de se défendre.  Ainsi, dans la loi mosaïque la jeune femme violée loin de toute maison habitée où quelqu’un aurait pu entendre ses appels au secours ne sera pas punie. Celle qui a été violée dans une tente ou une maison d’où elle aurait pu appeler et ne l’aurait pas fait sera lapidée avec son violeur… On voit que l’inspiration est la même ; s’il y a crime, c’est celui du mâle.

Mais des crimes beaucoup plus élaborés sont punis chez les animaux : chez les loups comme chez les mangoustes, en tout cas certaines espèces d’entre elles, l’accouplement est réservé à un couple  dominant. C’est une véritable politique de limitation des naissances.

 Tout autre accouplement est interdit et suivi immédiatement de l’exclusion de la famille, de la femelle fécondée hors la loi. Ce bannissement est une véritable condamnation à mort car la chasse en solitaire est quasiment impossible. Quand les enfants du « péché » naîtront ce sera encore pire : qui les protègera ou les réchauffera si la mère est obligée d’aller chercher de la nourriture ? Eh bien vous retrouvez exactement le même scénario en France, jusqu’au 19° siècle. Sur la foi de promesses jamais tenues, une pauvre fille se fait engrosser par un gars du village, parfois même violer par son patron ou le curé de la paroisse.

. Dès qu’on saura qu’elle a « péché », elle sera exclue même de l’Eglise où elle n’aura plus le droit d’entrer ! On la verra alors mendier un peu de nourriture, exactement comme la mangouste qui vient regarder ses frères et sœurs se gaver du produit de la chasse et lui refusent le moindre morceau ! De son côté la pauvre fille ne subsistera en général que par la prostitution et son fils sera toujours un « bâtard ». Est-ce vraiment l’enseignement de Jésus, au moins pour ceux qui y croient ?

 Chez les oiseaux vivant en couple on retrouve tous les rituels en faveur chez les hommes : cadeaux à la fiancée, magnifique nid pour la décider, participation aux travaux de nourriture des petits, partage du temps de couvaison, éducation des petits par le mâle casoar alors que la mère s’en désintéresse totalement et enfin adultère de l’hirondelle dans le nid conjugal ! On n’en finirait pas mais je veux encore citer un comportement particulier : celui de l’abeille par exemple,  dont la reine bénéficie des attentions de plusieurs mâles… Est-ce une simple coïncidence ou une attention particulière, mais je viens de voir sur la 5 un reportage sur le Tibet : il existe dans cet immense territoire au moins une tribu où les femmes pratiquent la polyandrie de la manière la plus commune et légitime qui soit : elles ont volontiers deux ou trois maris légitimes. Comme on demandait à l‘une d’elles si elle était heureuse, elle répondit en baissant les yeux « Je suis comblée »…J’ai raconté quelque part sur le présent site que j’avais fait un sondage auprès, des lecteurs et lectrices du Nouvel Obs. pour connaître leur position à propos de la polygamie. J’avais été surpris de voir le nombre de femmes répondant oui à la polygamie si la polyandrie était légalisée aussi. Cela me parait difficile à organiser…

 Il y a peut-être là l’explication du  fait que tant de jeunes politiciennes françaises ont l’intention d’aller au Tibet pour mieux s’informer. Un progrès est toujours possible.                           

Ceci étant, il apparaît bien que la particularité de l’espèce humaine est d’être dotée de la plupart des originalités des autres espèces animales, qu’il s’agisse de comportement normal ou au contraire d’un manquement à cette loi. Cette particularité pourrait être due à la relative jeunesse de l’espèce humaine ou au fait qu’elle résiste à la sélection naturelle. Par exemple nous avons vu que dans de nombreuses espèces animales on trouvera des individus vivant en couple sans même savoir qu’ils sont homosexuels, notamment chez les oiseaux. Dans d’autres espèces l’organisation veut qu’à la puissance d’un mâle corresponde un groupe de femelles et aussi longtemps qu’il est le plus fort, le mâle qui « possède » le groupe s’emploie à écarter les prétendants. C’est ce qu’on trouve le plus fréquemment chez les grands mammifères, terrestres et marins comme les cerfs ou les phoques. Il faut surtout remarquer que le prétendant sera chassé au terme d’un combat parfois mortel mais que la femelle qui aurait cédé ne subira aucune sanction. Une nuance encore, chez les singes qui vivent en famille dominée par un « dos argenté », l’appartenance des femelles au groupe est volontaire. Le jour où le dos argenté ne leur paraîtra plus le plus fort ou le plus adroit, une après l’autre les femelles le quitteront pour en rejoindre un autre. Et cela rejoint clairement les thèses défendues par de nombreux essais sur le mariage.

Encore une remarque qui rapprochera plus qu’on ne croit les mœurs des singes qui vivent en groupe (ce qui n’est pas le cas de tous) : à l’occasion de recherches  génétiques des observateurs firent la remarque que de nombreux jeunes singes ne pouvaient pas être les descendants du prétendu dos argenté dominant. Ils exercèrent donc une surveillance des groupes grâce à des caméras à infra rouge et constatèrent avec surprise que fréquemment on observait des femelles qui après avoir simulé le sommeil se dressaient sur leur couche, s’assuraient que personne n’était réveillé et gagnaient un lieu assez éloigné où elles paraissaient attendues…pour un véritable rendez-vous d’amour puis regagnaient toujours aussi précautionneusement leur propre couche au milieu du groupe où le « dominant »  n’avait pas cessé de dormir du sommeil du juste. Le luxe de précautions prises montrait bien qu’elles n’avaient pas la conscience absolument tranquille !

Je précise qu’il ne s’agissait pas des Bonobos (variété de chimpanzés qui eux passent littéralement leurs journées et leurs nuits dans des exercices sexuels toujours renouvelés et publics) mais de simples chimpanzés très proches de l’homme.

Il y aurait donc des lois non écrites, pas même orales mais respectées chez certaines espèces   

d’animaux que nous connaissons et sans doute beaucoup d’autres que nous ne connaissons pas ! Qu’en est-il chez l’homme ? L’histoire est curieuse et vaut d’être contée :Pendant longtemps les descendants d’Abraham par Ismael furent gouvernés par les « commandements » reçus de leur dieu, Jéhovah, par Moïse, sur le mont Sinaï dans les circonstances décrites par l’Ancien Testament. Mais on ne peut ignorer que les Egyptiens chez qui les Juifs passèrent 400 ans, avait déjà des lois sur l’homicide, le vol et le viol. La vie n’avait pas commencé à l’Exode…

 Il faut remarquer que Moïse, dans la perspective de l’apparition de son dieu avait pris la précaution d’éloigner tous ses frères. C’est ainsi que sous les nuées et dans les éclairs il reçut les commandements de dieu à l’homme que les Chrétiens adoptèrent ensuite pour leur conduite après les avoir quand même considérablement modifiés : excusez moi du peu mais j’ai constaté que peu de mes contemporains connaissent les « dix commandements » donnés par Jéhovah à Moïse : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, tu ne te feras point d’images …tu ne te prosterneras pas…tu ne prendras point le nom de l’Eternel…souviens toi du repos du septième jour…et enfin : honore ton père et ta mère, tu ne tueras point,  tu ne commettras point d’adultère, tu ne déroberas point, tu ne porteras point de faux témoignage, tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne… » Je n’insiste pas car je sais que mes contemporains connaissent et respectent les dix commandements mouture chrétienne. 

 Quoi qu’il en soit, Moïse a rapporté ce qui touche à la criminalité : tu ne tueras pas (un individu de ton espèce est sous entendu), tu ne voleras pas, tu ne commettras pas d’adultère, tu ne porteras pas de faux témoignage…  ce qui recouvre sans difficulté toute la criminalité.

Longtemps on a enseigné que « tu ne tueras pas »  de Moïse était le premier et le plus important des commandements par ce qu’il était divin ! Mais un événement plus important que tout se produisit au début du 20° siècle après J.C.  La grande stèle qui se trouvait à l’entrée de Babylone et qui était couverte d’inscriptions fut enfin déchiffrée ! Surprise, vingt ou trente siècles avant Moïse  elle enseignait notamment ce que Jéhovah passait pour avoir  révélé à ce dernier. Moïse qui était allé à Babylone dans sa jeunesse, à l’époque où la stèle de Hammourabi était comprise de tous les passants n’avait fait que reprendre le texte de cette dernière ! Cela n’était pas très correct de la part d’un prophète mais surtout remettait en cause tout le reste du LIVRE …J’ai eu l’honneur d’écrire à l’un de ceux qui ont traduit cette stèle en Français, il ne paraissait pas tellement surpris que l’opinion ne se soit pas fâchée contre Moïse. J’ai alors écrit à l’éditeur d’une très belle bible (j’en fais la collection) qui m’a fait lire le commentaire des traducteurs : « Bien sûr, il y a des poins communs et des redites, mais le mont Yethro n’est pas si loin de Babylone, c’est normal … »

Je ne crois pas qu’on ait mesuré exactement la portée du fait que de nombreuses nations aient accepté au jour d’hui d’instituer à côté du mariage un autre contrat d’union de deux individus sans exiger qu’ils soient de sexes différents. Et qu’on ait supprimé, au moins en France ce qui était au début un crime, l’adultère de la femme puni de mort sur elle et son complice. Mais la perte de la virginité, au moins supposée avant le mariage, ne faisait pas l’objet d’un commandement et se trouvait pourtant puni de mort. Le problème n’est plus l’expansion de l’espèce humaine, mais bien sa limitation !

Doit on rapprocher de ces faits que plusieurs chercheurs, dans des domaines différents ont affirmé que la fécondité des hommes en Occident a considérablement baissé : leur sperme serait moins riche en spermatozoïdes. Les femmes ont moins d’enfants, moins longtemps. L’homosexualité masculine libérée même si quelques hommes ont un besoin d’avoir des enfants va dans le même sens. Mais c’est surtout l’homosexualité féminine qui parait redoutable. Autrefois elle s’accommodait d’un mariage et de plusieurs enfants. C’était un plus dont jouissaient les femmes et c’est probablement une des raisons pour lesquelles cette homosexualité ne fut jamais poursuivie. Mais au jour d’hui cette orientation se déclare plus tôt, devient publique et exclut toute relation avec un homme. Or c’est des femmes que dépend la démographie. Pour maîtriser cette dernière, ce sont les femmes dont on retardait le mariage ou qu’on enfermait à vie. Au jour d’hui elles retardent volontairement leur mariage et leur premier enfant pour ne pas gêner leurs études, leurs carrières ! Il y a là matière à réflexion.

Et nous avons vu aussi l’apparition puis la disparition de notre Code pénal de l’homosexualité…de l’avortement, de la prostitution, c’est autant de délinquants et de criminels qui vont disparaître ? L’homme moderne a inventé le viol, d’une épouse ou d’une prostituée,  et encore avec toutes ses circonstances aggravantes, la pédophilie… Ne craignez rien, sauf chez les Bonobos, les instances pénales ne sont pas près d’être supprimées faute de pécheurs ! Mais, je ne plaisante pas : quand (dans les années 30) les explorateurs ont découvert dans une boucle du Niger, le peuple Bonobo  qui ne s’occupe inlassablement que de sexe, des sociologues américains ont pensé très sérieusement qu’ils pouvaient être un modèle pour la société humaine : il semble qu’il n’y a pas de conflit chez eux et que tout se règle par un petit colloque singulier, parfois même pluriel ! Illustrant ainsi le projet : faites l’Amour, pas la Guerre…

 

Je pense qu’il est temps maintenant de quitter l’étude de la criminalité à l’échelle de la Terre ou du Temps, de la collectivité  pour enfin s’approcher le l’Homme et bien entendu de la femme, de l’individu. Pour éviter des redites, je prends la liberté de reproduire ici la conclusion d’un article que vous trouverez sans peine sur ce site : « Hérédité, environnement et délinquance» si ce travail vous intéresse encore.

La délinquance, la criminalité sont avant tout un caractère masculin, la femme n’étant atteinte que dans la proportion d’un dixième de celle de l’homme .

La délinquance d’habitude est un caractère rare et très précoce  et plus elle se manifeste tôt , plus elle sera grave.

Très rares sont les criminels qu’une peine même lourde peut dissuader de recommencer. Le plus souvent, en prison, ils passent leur temps à échafauder de nouveaux mauvais coups.  Je peux citer des exemples extraordinaires : un homme tue sa femme par ce qu’il la soupçonne d’infidélité, ce qui est absolument faux. En réclusion il est un détenu absolument modèle. A tel point que l’assistante sociale qui l’a en charge se laisse attendrir. Elle l’épouse et obtient sa grâce. Aussitôt l’homme soupçonne sa nouvelle épouse d’infidélité, ce qui est parfaitement faux et la tue ! Pesquet purge une longue peine lorsque tel Paul de Tarse, il est touché par la grâce céleste. Il communie plusieurs fois par jour, dévore les Saintes Espèces. Les visiteurs, les psychiatres louent cette conversion, il est mis en liberté et sous le contrôle hebdomadaire qui lui est quand même imposé on lui confie de jeunes délinquants. Il en fait un petit phalanstère homosexuel à sa disposition et les forme à aller voler. Quant à lui, entre deux contrôles auxquels il ne manque jamais, il tue six personnes…Sa conversion n’était pas sincère.

Les familles ou même les fratries de criminels sont pratiquement inexistantes : nous n’avons pu en trouver. Il faut donc en conclure que si, pour former un criminel, ses deux parents doivent être porteurs de la prédisposition, il faut que celle-ci soit rare. Mais si ce n’est pas une prédisposition génétique qui détermine le criminel, pourquoi au sein d’une famille où tous les enfants sont élevés de la même manière, un seul est atteint ?

Si le milieu est responsable du comportement criminel, on ne comprend pas pourquoi ceux qui sont affectés sont ceux qui ont été exposés le moins longtemps

Environnement, génétique, les deux éléments sont-ils en cause ou aucun des deux ?

L'impossibilité où nous sommes arrivés de résoudre le problème par la méthode des jumeaux nous amène à deux constatations nouvelles:

-1° rien de ce que nous avons fait ne permet de dire que la délinquance n'est pas génétique au sens soit que le criminel soit l’enfant de deux parents porteurs sains de la mutation « criminel » soit qu’un désordre lors de la conception affecte le patrimoine génétique

2° Nous pouvons essayer de trouver une autre méthode d'analyse que celle des jumeaux : la compatibilité des caractéristiques de la délinquance d'habitude avec une origine qui serait de génétique ou d'environnement.

Nous avons établi que la délinquance d'habitude présente trois caractères permanents : elle est rare, masculine (liée à l’agressivité, donc plus faible et rare chez la femme) et précoce, alors que nous avons vu qu’elle est née avant l’Homme, chez l’animal et s’est retrouvée sur la Terre entière !

Enfin ce caractère est si profondément marqué au sein de l’individu que celui-ci parait appartenir à une autre espèce, aussi différente de l’espèce humaine qu’une espèce de prédateur carnivore peut l’être d’une espèce herbivore ! 

Ces caractères sont tout à fait compatibles avec une mutation génétique et totalement incompatibles avec  une action de l’environnement. Je crois que des exemples me feront mieux comprendre : prenez un sujet comme Paul qui écrivait aux Corinthiens « je pense qu’il est bon de ne point toucher de femme…etc , toutefois pour éviter l’impudicité, mariez vous… » Il est demeuré le modèle, l’exemple des asexuels qui au jour d’hui se regroupent en associations. En face vous trouvez ce romancier qui était obligé d’aller plusieurs fois par jour au bordel. N’y avait-il pas une différence fondamentale entre eux ? Ou cet individu qui ayant été condamné à 15 ans de réclusion pour 12 viols établis, purge 10 ans, sort en liberté conditionnelle et dans les trois mois commet deux nouveaux viols ! J’ai eu à faire à un pédophile qui ayant été condamné à 25 ans de réclusion, les subit car à l’époque les grâces n’existaient pas…et dans les trois mois récidive ! Un grand pas sera fait quand on aura admis que c’est leur nature et que rien, ni suivi médical, ni traitement hormonal ne les changera !

Si l'origine est génétique, on peut admettre qu'une complexion si particulière soit rarissime. Et il faut admettre qu'elle l'est de notre constatation (cf Cahier N° 1) de la stabilité surprenante du nombre des délinquants d'habitude en France (30.000 individus de sexe masculin, de plus de 14 ans et de moins de 65).

La génétique peut encore expliquer que la délinquance d'habitude soit surtout masculine et très précoce.

Au contraire, comment l'environnement expliquerait-il à la fois la délinquance du riche et celle du pauvre, de l'illettré et du savant, du fils et non du père, d'un seul frère parmi les autres, du jeune et non de celui qui a subi très longtemps un environnement détestable ?

Nous avons retrouvé ici le raisonnement tenu à propos de l'intelligence ( cf Cahier N°4), nous n'y reviendrons pas.

J’ai commencé cet article en déclarant que je souhaitais montrer qu’une recherche est nécessaire. Puis-je me permettre d’avancer une hypothèse qui résulte de tout ce que j’ai écrit :

Y a-t-il rien qui ressemble davantage au comportement des délinquants d’habitude et des criminels que l’addiction : L’addiction au risque (Moi, je ne me ferai pas prendre), l’addiction au jeu (je sais qu’on ne peut gagner contre le Casino, mais moi je vais y arriver), l’addiction au sexe (il faut que j’y aille, mais sans demander le consentement), l’addiction au vol (je n’ai pas besoin de cet objet ou de cet argent que je vais voler, mais je suis plus fort que les autres).

Or l’addiction est maintenant assez bien connue, on admet que certains sujets sont plus sensibles que d’autres aux drogues par exemple. Certains même seraient sensibles à la propre sécrétion de leur cerveau en hormones. Il n’a pas été établi qu’il y ait là une disposition génétique, du moins à ma connaissance. Mais on n’a rien trouvé d’autre et la question demeure : pourquoi certains et pas tous ? Pourquoi la raison, la pitié, simplement la prudence arrêtent-elles la main de l’un et non celle de l’autre. Pourquoi certains sont-ils volontaires et d’autres s’abandonnent ils ? Pourquoi par exemple la complice de Fourniret n’a-t-elle jamais eu un mouvement de pitié pour éviter la torture et la mort aux petites victimes et au contraire aidait-elle l’assassin ? Le domaine inconnu se restreint : la joie de l’assassinat, le plaisir du viol ce serait d’abord la dopamine, les hormones de récompense ; c’est un premier pas, mais pourquoi l’immense majorité des gens arrive-t-elle à se maîtriser ? N’existe-t-il pas de produit qui pourrait rendre à tout individu la maîtrise de son comportement ? Alors le tueur de vieilles dames se dirait « pourquoi tuer ces pauvres vieilles  ? Pour payer un dîner à des amis ? Sans compter les risques que je prends ? » A ces questions il semble qu’il répondait « Je me fous de tout, j’ai le sida, je vais mourir, alors le reste… »

 Loin de moi l’idée de négliger le rôle du milieu, mais je crois qu’il faut le placer au second rang. Je m’explique :

Un enfant doué héréditairement peut ne pas se développer s'il est élevé avec les loups mais l'environnement est inutile pour développer l'intelligence pure ou génie et  Alain Peyreffite cite le cas de Raoul Dautry qui quitte ses moutons pour acheter des livres et se présenter à Polytechnique où il est reçu. Le professeur Rémy Chauvin cite un berger qui dessinait le mouvement des astres dans une vieille soupière.

Très curieusement ( en apparence) l'environnement ne peut avoir qu'un rôle positif sur le délinquant en puissance du fait de sa prédisposition. Nous avons été mis sur cette voie de la manière suivante : lorsque nous avons constaté que les effectifs de la délinquance d'habitude sont distribués (en fonction de leur âge au premier délit) en une exponentielle décroissante de période de sept ans, nous avions retrouvé la courbe de désintégration des éléments radioactifs étudiée quelques décennies plus tôt ! Nous avions retenu que chaque atome peut se désintégrer à tout instant mais qu'il le fait au hasard et qu'ainsi, sur un grand nombre d'atomes une période apparaît. Rien ( à notre connaissance) n'a décidé que tel ou tel autre atome va éclater, mais l'ensemble se comporte selon une loi physique très précise. Il ne peut en être autrement pour les délinquants d'habitude. Tous ont une dangerosité latente: le hasard seul décide du moment où ils vont céder. Et voila au moins un  rôle de l'environnement: Il offre l'occasion, la tentation, la permission.

Il est possible encore de donner des exemples. Imaginons que la propension à boire avec excès de l'alcool soit innée. Dans un pays où l'alcool est inconnu, elle ne se révèlera jamais. Que l'alcool au contraire coule à profusion, en toutes occasions et en tous lieux, elle ne peut que se manifester. Et l'exemple pourra être répété à l'infini : voitures dans les rues, produits offerts à l'envi dans les super marchés, filles disponibles  etc. Je profite des circonstances pour ajouter ici une remarque faite récemment : les fils de dictateurs paraissent particulièrement odieux : regardez autour de vous ou souvenez vous de faits récents : des fils de Ceausescu, de Saddam Hussein volaient, enlevaient des femmes qu’on ne revoyait plus, assurés qu’ils étaient de l’impunité. Dans l’antiquité  on en trouverait bien d’autres : à une lourde hérédité s’ajoutait la protection paternelle et la licence. Mais, et ceci confirme ce qui précède, les filles de dictateurs étaient loin de leurs frères, et dans la fratrie, il y avait des garçons qui se « tenaient bien » ! C’est encore un indice que le milieu ne suffit pour pas créer la criminalité !

L'erreur est de croire que l'environnement interviendrait pour une part et l'inné pour une autre, le résultat étant établi par une addition. Les deux facteurs ne s'ajoutent pas, ils se conjuguent : ramenons le problème à la limite: si l'hérédité est nulle, l'environnement ne peut rien et réciproquement : une bonne graine semée sur de la glace ne donnera rien; une graine brûlée semée dans la meilleure terre ne prospèrera pas.

Ce point de vue est plus important qu'il ne paraît: Des criminologues au demeurant fort distingués ont imaginé le "passage à l'acte". Ils méditent depuis en se demandant pourquoi de deux individus qui paraissent semblables, un seul devient délinquant ? Pourquoi à ce moment là et non à un autre ? C'est un faux problème. Pourquoi un atome de radium se désintègre-t-il et pas un atome de plomb? Tout simplement par ce que c'est dans la nature du premier et non dans celle du second. Mais le phénomène peut-être arrêté ou retardé par un dispositif ralentisseur comme dans les centrales nucléaires: ce sera la famille, l'éducation, voire la Police...

Supposons que l'origine de la délinquance d'habitude est innée , comment va se caractériser cette disposition ? Nous nous surprenons nous même à l'avoir cherchée si longtemps car en fait, la réponse nous avait été donnée depuis longtemps. Nous l´ avons dit dans le précédent article : l`intelligence, comme tout comportement humain est le résultat de la mise en oeuvre de nombreuses fonctions intellectuelles et sensorielles, donc issues de plusieurs chromosomes, de dizaines de gènes, de milliers de nucléotides dont le résultat a été mis en évidence par d´autres voies par M. Jean PINATEL. Ce grand criminologue qui avait l' esprit de synthèse et de généralisation a cherché ce qui était commun à tous le délinquants. Il a trouvé et il en a un grand mérite, quatre caractères :

l´ indifférence à la douleur d' autrui,

la labilité,

l´égocentrisme ,

l´ agressivité.

Et ces quatre caractères sont totalement compatibles avec les exigences que nous avons définies : rareté, masculinité, précocité, universalité ! Lorsque nous avions entendu pour la première fois Monsieur PINATEL énumérer avec tant de simplicité les quatre caractères (dont nous avons vérifié chaque jour l´exactitude) nous avons été frappés de voir combien : - d une part, il était difficile d´ avoir à la fois ces 4 caractères - d' autre part, combien un individu était totalement transformé par le remplacement d´ un seul trait de caractère. Ainsi substituez seulement à la labilité son contraire, la persévérance et vous obtenez le spéculateur. Changez encore l égocentrisme en une idée de la Patrie et vous obtenez le grand héros national .Nous vous laissons le plaisir de continuer pour arriver, ayant substitué à chacun de ces caractères son contraire, à un être d'amour, la Mère, la Soeur infirmière des lépreux pour en revenir à soeur Godfrieda la criminelle. Au passage vous avez rencontré l'archétype de la prostituée, etc. etc.

 

Enfin, il semble que le caractère amoral de l'enfant ou de l'immature soit reconnu par les psychologues, les éthologues. Et une variété infinie de combinaisons apparaît car chaque trait peut-être plus ou moins accusé.

Les conséquences de ce qui précède sont simples:

- L'environnement doit offrir le moins d'occasions, de tentations de délinquance possibles.

- L'homme doit être encore plus soutenu, aidé, que la femme; probablement par elle : mère, épouse, d'où la nécessité du maintien de la famille et d'un rôle ardent de l'Ecole puisqu'il apparaît qu'à 14 ans ce sera trop tard. Le rôle de la femme ne sera totalement efficace que si elle est respectée et chérie.

- La constatation que la délinquance d'habitude est une disposition innée ne doit pas conduire à l'excuse du délinquant : le sauvetage de ce dernier exige au contraire un traitement plus ferme et complet de son comportement, jusqu'au jour où, enfin, il pourra être soigné. Celà est une autre histoire.

Il ne faudrait pas que ce point de vue soit retenu comme une hypothèse qu'il existe un"gène de la délinquance". Ni que cette délinquance doit être héréditaire, passant de père en fils ou de mère en fille. Non, il suffit qu’un accident amène une malformation du génotype ou que les deux parents soient porteurs d’une disposition à la délinquance sans en souffrir eux-mêmes.

 Ce qui est inné chez l'homme comme chez les animaux supérieurs c'est au contraire le besoin d'une hiérarchie et de règles de comportement très précises. L'homme réclame des lois qui vont de la loi constitutionnelle à la loi religieuse, civile, pénale, commerciale sans oublier la civilité puérile et honnête et enfin...la mode! C'est l'absence de cette disposition innée qui conduit à la délinquance. L'homme est doté en plus de deux disposition innées très fortes: le besoin d'une situation d'équité qui lui fait réclamer réparation et vengeance. C’est un deuxième crime de les lui refuser !

 

Post scriptum:

Il n'est pas possible de reproduire cet article sur les jumeaux  22 ans après sa composition, sans vous conter comment il s'est terminé. Une fois qu'il fut imprimé, il me restait à remercier le Chef du Service qui reçoit toutes les personnes conduites au Dépôt du Tribunal de Paris et toute son équipe. Je leur en apportai donc quelques exemplaires tirés à part et le Commissaire me demanda si j'étais satisfait des résultats.

- Beaucoup! L’origine génétique de la délinquance d'habitude parait se dessiner. En ce qui concerne les jumeaux, j'ai notamment établi qu'ils ne sont jamais des génies mais jamais non plus de grands délinquants!

- Je le savais déjà, me dit-il en hochant la tête, je suis jumeau !

Il y avait un risque sur cent qu'il en fût ainsi et ce risque s'était réalisé! Depuis, je me suis fait une règle de vie que je vous conseille vivement d'adopter: ne jamais prendre sans nécessité absolue un risque supérieur à un pour mille.